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Présidentielle 2017 - Les candidats répondent à la FNATH - Santé au travail : grande oubliée des programmes

06/04/2017 15:28 par Murielle Raynaud Laurent

 

A  ce  jour,  la  FNATH  a  rencontré  sur  cette  thématique  particulière  de  la  santé  au  travail  et  de l’indemnisation des victimes du travail, les équipes de campagne de 4 candidats  : Nathalie Artaud,  François Fillon, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Un autre échange est prévu dans les prochains
jours avec  Benoît Hamon. Les autres candidats, notamment Jean-Luc Mélenchon, ne nous ont pas
répondu à ce jour malgré nos relances.  
 
La FNATH avait transmis ses alertes et propositions à l’ensemble des candidats  (www.fnath.org). Lors des  rendez-vous  avec  les  équipes  des  candidats,  elle  a  souhaité  mettre  plus  particulièrement  en  avant  la  situation des victimes du travail, dont le système d’indemnisation n’a pas évolué depuis 1898. Elle demande,  d’une  part,  l’adoption  d’une  loi  juste  pour  éviter  de  laisser  les  victimes  du  travail  dans  la  précarité  :  en  moyenne, la rente d’une victime du travail s’établit à 400 euros, et, d’autre part, des positions claires sur la  pénibilité au travail. 
 
Après ces rendez-vous, la FNATH ne peut que constater que la santé au travail constitue une des grandes  oubliées  des  programmes  officiels  des  candidats.  L’intérêt  suscité  par  ces  thématiques  ne  se  traduit  par aucune annonce concrète. 

Rappelant  que  « dans  ce  domaine,  la  FNATH  intervient  bien  souvent  davantage  que  les  directions  syndicales  qui  se  défaussent  au  nom  de  la  défense  de  l’emploi  ou  des  intérêts  de  l’entreprise »,  la  représentante  de  Nathalie  Artaud  se  prononce  pour  une  indemnisation  intégrale  des  victimes  du  travail  « financée  par  le  patronat ».  Pour  la  candidate,  l’amélioration  des  conditions  de  travail  ne  sera  possible  « qu’en inversant le rapport de force entre l’ensemble des travailleurs et le monde capitaliste ».  

Les représentants de François Fillon  nous ont rappelé le souhait de leur candidat de supprimer le compte  pénibilité, tout en soulignant qu’il avait été le premier, il y a plus de 10 ans, à introduire cette notion dans le  cadre de la réforme des retraites. Sensibles à l’argument selon laquelle l’espérance de vie varie de 10 ans selon les catégories socio-professionnelles, les représentants de François Fillon n’ont pas exclu l’ouverture d’une négociation par blocs de métiers, s’engageant toutefois à revenir vers nous  avec des réponses plus complètes.  La  FNATH  a  rappelé  qu’il  semblait  difficile  de  confier  une  telle  négociation  aux  partenaires sociaux, qui n’ont pas réussi par le passé à se mettre d’accord sur un tel sujet. En réponse au programme du candidat (« il faut créer de la richesse pour améliorer la politique sociale »), la FNATH a tenu à souligner l’incohérence  qui,  selon  elle,  existe  à  laisser  des  personnes  ayant  créé  de  la  richesse  par  leur  travail licenciées pour inaptitude dès la survenance d’un problème de santé ou être indemnisées au rabais, comme le sont les victimes du travail. 

De  son  côté,  le  représentant  de  Marine  Le  Pen  reconnaît  que  la  question  de  la  santé  au  travail  a  été  insuffisamment  travaillée  dans  leur  programme.  Interrogé  sur  les  déclarations  contradictoires  de  sa  candidate concernant la prise en compte de la pénibilité, il précise à la FNATH que si la candidate était élue, elle supprimerait le compte pénibilité, au profit d’une majoration des trimestres travaillés dans des métiers pénibles. Par ailleurs, les médecins du travail pourraient être davantage impliqués dans la prévention de la  pénibilité.  Sans  propositions  sur  l’indemnisation  des  victimes  du  travail,  le  Front  national  s’engageait  à revenir vers nous avec des propositions concrètes d’ici la fin du mois de mars. Toutefois, nous n’avons eu  aucun retour à cette date.                                  
Chez  Emmanuel  Macron,  nos  interlocuteurs  ont  reconnu  que  leur  programme  sur  cette  question,  à  la  frontière des experts de la santé et de ceux du travail, était encore à parfaire. Sur la pénibilité, ils ont rappelé la nécessité de prendre en compte les différences d’espérance de vie, tout en souhaitant simplifier le compte  pénibilité. Constatant que depuis la dernière décennie, peu d’évolutions pouvaient être constatées dans ce domaine,  en  raison  des  multiples  blocages  et  malgré  l’excédent  de  la  branche  accidents  du  travail  –  maladies professionnelles, ils soulignaient la nécessité d’agir, d’une part,  pour une plus grande prévention,  notamment dans le domaine des services à la personne où les maladies professionnelles explosent, mais aussi,  d’autre  part,  une  amélioration  de  l’indemnisation,  sur  laquelle  « ils  vont  travailler  s’ils  sont  au pouvoir ».  

Un rendez-vous est en train de s’organiser avec l’équipe de Benoît Hamon. La FNATH souhaite notamment  évoquer à cette occasion le sujet de la reconnaissance de l’origine professionnelle du burn-out, qui ne peut  suffire à satisfaire nos revendications  : d’une part, cela ne règle absolument pas les questions de prévention  et d’indemnisation de ces syndromes, et, d’autre part, cela évacue complètement le sujet de l’indemnisation de toutes les victimes du travail. 

 Les  autres  candidats,  et  en  particulier  Jean-Luc  Mélenchon,  relancés  à  plusieurs  reprises,  n’ont  pas  souhaité nous recevoir à ce stade sur ces questions. 

Les comptes  rendus de nos rendez-vous, jusqu’au 2   tour, sont à suivre directement sur fnath.org,        sur Facebook ou Twitter. Connectez-vous et suivez-nous.  


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